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La Mission de l’entreprise responsable

Refonder la responsabilité de l’entreprise

Le MondePar Margherita Nasi – le 16/01/2019

 

« Blanche Segrestin et Kevin Levillain proposent une nouvelle approche de la mission des entreprises et de nouveaux schémas de responsabilité de leurs dirigeants. Ils expliquent que la notion de norme de gestion, loin de s’opposer à la liberté d’entreprendre, est au fondement de la légitimité de l’entreprise.

Livre. En janvier 2018, le groupe britannique de BTP Carillion subit une brusque liquidation. Une chute éclair pour un groupe de 43 000 personnes qui laisse, outre de nombreux sans-emploi, une dette pour les caisses de retraite de 2,6 milliards de livres qui obligera à réduire les pensions de quelque 27 000 membres, et paralyse de nombreux secteurs. Ce cas illustre les extrêmes dérives d’une gestion actionnariale : la comptabilité était présentée de manière à camoufler la situation et, quelques mois seulement avant, les comptes de la compagnie permettaient un dividende exceptionnel en 2017 de 79 millions de livres.

Peut-on mettre en cause la gestion actionnariale au motif que le versement de dividendes élevés et systématiques était insoutenable pour le groupe ? Au Royaume-Uni, c’est désormais possible en s’appuyant sur le Company Act de 2006, une loi qui a étendu les obligations des dirigeants, désormais supposés gérer l’entreprise de manière à promouvoir l’intérêt de la société, en tenant compte des conséquences à long terme de leurs décisions et pour les différentes parties prenantes.

 

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L’Internet des familles modestes

Aux sources du numérique – 15/01/2019

A travers son ouvrage L’Internet des familles modestes. Enquête dans la France rurale (Presses des Mines, 2018), la sociologue Dominique Pasquier a mené un passionnant travail d’enquête sur les pratiques numériques d’une catégorie de population nouvellement médiatisée depuis le début du mouvement des gilets jaunes. Du partage de citations sur Facebook aux soirées passées à naviguer sur Le Bon Coin, en passant par la prééminence de la tablette, c’est un autre Internet, encore un peu subi, qu’utilise cette catégorie de population. Tour d’horizon.
Le mouvement des gilets jaunes, organisé avant tout sur Internet et les réseaux sociaux, est-il représentatif de cet Internet des familles modestes dont vous brossez le portrait dans votre enquête ?

J’ai rapidement réalisé que c’était exactement la catégorie de personnes que j’avais interrogée pour mon enquête ! Cette haine qui semble surprendre est en réalité très ancienne et larvée, notamment sur Facebook. C’est ce qui m’a frappée : lorsque je regarde leur organisation sur Facebook, en groupes, j’ai l’impression de voir à grande échelle ce que je voyais sur des comptes que j’ai étudiés, de gens qui se connaissent bien et qui partagent la même vie, les mêmes contraintes.

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Tempête sur les représentations du travail

Le Monde – 09/01/2019 – par François Pellerin

« Appliquer le concept de design au travail permet de changer le regard que l’on porte sur celui-ci »

Tribune. Il est nécessaire de changer de regard sur le travail en le replaçant au cœur du processus de production pour réduire l’écart entre travail prescrit et travail réel et redonner de l’attractivité aux métiers de l’industrie.

« Le métier se perd », répétaient à l’envi les syndicalistes de Turbomeca, il y a une quinzaine d’années. Ce n’est que peu à peu que la gravité de ce phénomène et l’étendue du mal sont apparues. Aujourd’hui, le constat est largement partagé. Le travail est en crise, il est devenu invisible, ainsi que le signale Pierre Yves Gomez dans Le Travail invisible (François Bourin, 2013).

Au cours de la première moitié du XXe siècle, le taylorisme s’est installé en France. Dans ce modèle organisationnel, le travail est défini par ceux qui savent : bureau des méthodes et encadrement de premier niveau, souvent sorti du rang. Il est bien adapté à une population au niveau d’éducation faible. « L’organisation scientifique du travail » permet des gains de productivité considérables. Mais petit à petit, une expertise individuelle du « métier » émerge dans l’atelier.

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Le travail invisible des données

Le travail des humains au coeur du « big data » est largement sous-estimé

France Inter –  24 novembre 2018 à 9h03 par Christine Siméone

« Les discours actuels rendent invisibles le travail réel en amont des données. Comme s’il était induit que par la magie des datas tout devient possible. Trouver un coiffeur disponible à la minute, ou savoir quand la prochaine épidémie de grippe aura lieu : derrière la formule, se cache beaucoup de travail… humain.

C’est ce qu’essaie de démontrer Jérôme Denis, professeur au Centre de sociologie de l’innovation de Mines ParisTech. Il vient de publier une étude sur le travail invisible que nécessite la production de ces données. et il y a du boulot justement. On considère souvent que les données sont déjà là, simples à attraper et qu’il suffit de savoir les traiter. Jérôme Denis fait apparaître qu’il y a une série d’activités plus ou moins cachées qui consistent à les produire, les traiter et les nettoyer avant qu’elles offrent toutes leurs promesses. Qui a donc sorti la cape d’invisibilité des données ? Entretien avec Jérôme Denis. »

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L’Internet des familles modestes

Rejet des politiques, Facebook roi… plongée dans l’Internet de la France « à 1.500 euros par mois »

Marianne – Propos recueillis par Hadrien Mathoux – publié le 18/12/2018

Pendant trois ans, la sociologue Dominique Pasquier a examiné la manière dont les habitants de la France périphérique s’approprient le web et les réseaux sociaux. Ses travaux révèlent des pratiques récurrentes qui montrent une vision du monde très similaire à celle rencontrée sur les ronds-points chez les gilets jaunes.

C’est ce qu’on appelle tomber à pic. Lorsque la sociologue Dominique Pasquier publie, en octobre dernier, son ouvrage intitulé
L’Internet des familles modestes : enquête dans la France rurale, elle ne se doute pas que, quelques semaines plus tard, le mouvement des gilets jaunes viendra donner une illustration massive aux thèses qu’elle développe dans son livre. Entre 2014 et 2016, cette directrice de recherche au CNRS a mené une étude qualitative sur la France modeste des campagnes ou du périurbain, souvent oubliée des études sociologiques, qui travaille mais n’est jamais loin de la pauvreté. Elle a interrogé 50 de ces personnes sur leur usage d’Internet, et mené une analyse approfondie de 46 comptes Facebook d’ouvriers et d’employés. Le tout, condensé et réfléchi, révèle une pratique numérique où se mêlent entre-soi, débrouille et colère larvée. Entretien.

Quelles sont les caractéristiques sociales de la population que vous avez étudiée ? Se différencie-t-elle des citoyens appartenant aux classes populaires ?

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L’Internet des familles modestes

Dominique Pasquier : «Les usages avancés du Net restent élitistes»

Libération.fr – Par Erwan Cario — 21 novembre 2018

« Avec les smartphones, Internet est entré dans les usages quotidiens des familles modestes. Mais il s’agit avant tout d’une version simplifiée et servicielle.

Sociologue, directrice de recherches au CNRS et enseignante-chercheuse à Télécom ParisTech, Dominique Pasquier a enquêté sur l’appropriation par les classes rurales et populaires de l’outil numérique lors de la dernière décennie. Son enquête a été publiée dans un livre, l’Internet des familles modestes, sorti en octobre aux éditions Presses des Mines

Longtemps, on a parlé de fracture numérique, des classes populaires et rurales qui n’étaient pas connectées…

Les familles modestes se sont équipées plus tard que les autres. Je me suis intéressée à ce sujet car ça m’horripilait de voir de nombreux travaux sur les usages d’Internet, mais toujours sur les mêmes populations, comme les jeunes, les diplômés, les urbains. Il y a eu aussi des travaux sur les populations précaires, comme sur l’usage du téléphone mobile dans les périodes de migration. Il y avait donc les précaires et les élites avec leurs usages innovants, mais rien entre les deux. Le projet est parti de cette interrogation : est-il en train de se passer quelque chose que personne n’est allé voir ? C’était étrange car on savait par certaines enquêtes qu’il y avait un rattrapage énorme qui s’était fait, notamment avec le smartphone. »

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Le travail invisible des données

Le Travail invisible des données. Éléments pour une sociologie des infrastructures

Revue CFDT Cadres – Dominique Desbois – Année 2018 – Revue n°479

Cet ouvrage part d’une impuissance à décrypter que beaucoup d’entre nous éprouvent dans leur quotidien en manipulant des informations écrites et plus encore chiffrées sans avoir le loisir ni les moyens de soupeser l’impact des conditions de leur production et de leur circulation : ce que l’on tient pour « données » l’est-il vraiment ? Comment s’agencent les infrastructures matérielles et logicielles qui peuplent nos mondes numériques pour faire advenir des informations au statut de « données », puis en organiser la diffusion ?

Face à un environnement numérique où se mêlent informations contestables et faits avérés, Jérôme Denis, chercheur au Centre de Sociologue de l’Innovation (MinesParisTech) s’interroge dans ses travaux sur cette « fabrique des données » et nous livre avec cet ouvrage la quintessence de l’Habilitation à Diriger des Recherches qu’il a récemment soutenue. Quelles sont les dimensions sociales des processus techniques de collecte/validation/diffusion des données ? Quelles sont les normes embarquées au sein de ces processus sociotechniques et de quels enjeux économiques et politiques procèdent-elles ?

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Le travail invisible des données

Données : qui fait le « sale boulot » ? Entretien avec Jérôme Denis

Aux sources du numérique – 29/11/2018

Entre promesses d’optimisation, de transparence ou de meilleure connaissance de soi, les données sont au cœur de nos sociétés contemporaines. Or ces données ne sont pas, contrairement à ce que le tout automatique voudrait nous faire croire, que le produit d’algorithmes, mais en grande partie celui de « petites mains de la donnée », bien souvent invisibilisées. Un travail complexe sur lequel Jérôme Denis, professeur au Centre de sociologie de l’innovation de Mines ParisTech, lève le voile avec son ouvrage Le travail invisible des données. Éléments pour une sociologie des infrastructures scripturales (Presses des Mines, 2018). Nous l’avons rencontré à l’occasion de la 27e édition d’ASDN, une rencontre matinale mensuelle organisée au Tank par Spintank et Renaissance Numérique.
C’est quoi, une donnée ? Est-elle justement… donnée ?

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Le travail invisible des données

Tout ce que vous voulez savoir sur les données sans oser le demander

Le Point – 8/11/2018 – Par Romain Gonzalez

« Dans un entretien, Jérôme Denis, sociologue, explique au « Point » ce que sont (et ne sont pas) les datas, et les enjeux de leur récoltes et leur traitement.

Big data, IA, IoT : derrière toutes ces appellations se cache un enjeu central, celui de la récolte et du traitement des données. A l’heure où certains défendent leur monétisation, nous avons demandé au sociologue Jérôme Denis, auteur de l’essai «  Le travail invisible des données » (Presses des Mines), de nous aider à y voir plus clair. »

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Le travail invisible des données

Les données ont-elles une âme?

Renaissance numérique – 08/11/2018

Jeudi 8 novembre 2018, pour la 26e édition du cycle « Aux sources du numérique », Renaissance Numérique et l’Agence Spintank recevaient Jérôme Denis pour son ouvrage « Le travail invisible des données » (Éditions Presses des Mines, 2018).

Depuis plusieurs années, les données sont sur toutes les lèvres. Qu’elles soient caractérisées de big, d’open ou de small, les discours les parent de nombreuses vertus, entre promesses d’optimisation (stratégies de pilotage par la donnée), de transparence (ouverture des données publiques), ou encore de meilleure connaissance de soi (quantified-self).

Mais vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est réellement une donnée ? Comment et pourquoi sont-elles produites, mises à jour, voire supprimées ? Et au-delà, question ô combien cruciale mais souvent ignorée, par qui ?

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Tempête sur les représentations du travail

Francetvinfo.fr – 29/10/2018

« Il y a une crise des cadres qui se rendent compte qu’ils n’ont plus vraiment de métier mais juste un titre »

L’invitée est partie du constat aberrant qu’il y a 3 millions de chômeurs et 120 000 postes non pourvus dans l’industrie faute de candidats qualifiés. « Depuis des siècles maintenant, tout ce qui est lié à la matière, ce qu’on va façonner, c’est mal vu dans notre pays » déclare Laurence Decréau. L’auteur de « Tempête sur les représentations du travail » explique que les emplois dits manuels donnent du sens au travail : « Oui, cela donne une satisfaction au travail. On voit bien qu’il y a une crise des cadres qui se rendent compte qu’ils n’ont plus vraiment de métier mais juste un titre. On voit ce qui en ressort comme malaise très profond chez les cols blancs. Ce n’est pas le cas des cols bleus, qui travaillent dans la matière et la technique, et qui font quelque chose de leur journée ».

D’où vient cette dichotomie ?

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