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Les Projets

Par Franck Damour – Études – juin 2019

« Nous vivons dans un monde de projets. Vous voulez des enfants : faites un projet parental ! Vous êtes étudiant : pensez à votre projet d’orientation ! Vous êtes au chômage : développez votre projet de réinsertion professionnelle ! Vous êtes chef d’entreprise : élaborez un projet d’investissement ! » La liste, esquissée par les directeurs de ce collectif, peut se continuer à l’infini, tant le projet semble la seule façon de nous définir par rapport aux autres et de nous situer dans le temps. À tel point que nous avons souvent le sentiment de vivre « un âge des projets » : l’hypothèse a été défendue dès les années 1980 par Michel Foucault et maintes fois déclinée par des sociologues ou politologues mais aussi, en discutant devant une machine à café, par nombre d’entre nous, pour dénoncer un épuisement sans fin ou pour essayer de redonner un sens à sa vie. Et pourtant, que recèle ce mot ?

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Le travail invisible des données

Digilabour.com.br – le 27/03/2019

Nem só inovação e democracia, nem só reforço de desigualdades: os dados precisam ser estudados a partir de seus métodos reais de produção e circulação. Esse é o ponto de partida do livro Le travail invisible des données: eléments pour une sociologie des infrastructures scripturales, de Jérôme Denis, professor de sociologia da MINES ParisTech, lançado em 2018. Para ele, é preciso ressaltar os processos produtivos por trás dos dados. Os dados não caem do céu e o trabalho por trás deles é invisibilizado.

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Le travail invisible des données

Compte rendu de lecture – Cairn.info – par Baptiste KOTRAS – le 21/03/2019

« Cet ouvrage constitue une contribution précieuse dans les débats contemporains autour de la « révolution des données ». Faisant un pas de côté par rapport aux représentations véhiculées tant par les discours enthousiastes que critiques, J. Denis montre pourquoi les données ne sont jamais ni données, ni ouvertes, ni fluides, mais toujours l’objet d’un travail de production, d’ajustement et de traduction qui est généralement négligé, voire nié, et ainsi rendu invisible. Ce faisant, l’ouvrage se propose d’élaborer les grandes lignes d’une « sociologie des coulisses de la donnée ». Pour ce faire, l’auteur se défend de partir d’une définition in abstracto de la « donnée », lui préférant une acception variable et toujours située. Dans une première partie (chap. 1 à 5), il nuance l’aspect radical de cette « révolution des données » en articulant, au croisement des études sur les sciences et la technologie, de la sociologie du travail et de l’anthropologie de l’écriture – ce que l’on sait déjà en matière de production des données. Dans une seconde partie (chap. 6 et 7), il expose deux enquêtes ethnographiques originales à travers lesquelles il plonge le lecteur dans l’épaisseur des pratiques et des infrastructures scripturales, pour développer la problématique centrale de son ouvrage : les liens entre la variation ontologique de ce qu’est – ou n’est pas – une donnée, le travail dont les données sont issues, et l’invisibilisation d’un tel travail.

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L’Internet des familles modestes

Le Point – Romain Gonzalez – 19/03/2019

« ENTRETIEN. Twitter de la Ligue du LOL contre Facebook des Gilets jaunes : la sociologue Dominique Pasquier a enquêté sur les usages du numérique.

Lancée à la mi-janvier, la plateforme de consultation en ligne du grand débat national aura rassemblé près de 350 000 contributions en deux mois, un chiffre relativement élevé qui masque une profonde disparité. En effet, une enquête du Parisien révèle que les contributions en ligne sont majoritairement issues des départements ayant le plus voté pour Emmanuel Macron au premier tour de l’élection présidentielle – à savoir les départements les plus urbains, « jeunes » et connectés. Ouverte à tous et accessible sur Internet sans peine, cette plateforme traduit à son échelle le gouffre pouvant… »

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Le Travail invisible des données

Par Jean-Marc Weller – Les Annales des Mines – N° 135 – Mars 2019

La fabrique des données

À propos de l’ouvrage de Jérôme DENIS, Le Travail invisible des données. Éléments pour une sociologie des infrastructures scripturales, Paris, Presses des Mines, 2018.

« La chose est entendue : la transformation numérique, en raison de la massification de la collecte de l’information et des traitements inédits qu’elle rend possibles, bouleverse toutes les sphères de notre société. Pas un domaine ne semble épargné de ce développement, faisant des data le gisement d’une nouvelle ressource promise aux plus belles destinées, qualifiée parfois de pétrole du XXIe siècle mais dont les intenses mouvements suscitent également nombre d’inquiétudes. Pénétrant intimement notre vie quotidienne, ces données paraissent disponibles à tout moment, le temps d’un clic, de sorte qu’on perçoit mal tout le travail qu’il est nécessaire d’accomplir pour en assurer la production. « 

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La Mission de l’entreprise responsable

par Antoine Reverchon – le 15 mars 2019 à 14h26

Loi Pacte : « Faire le pari du succès de l’entrepreneur éclairé n’est plus tenable »

« Pour que les entreprises puissent continuer à financer les innovations qui rendront notre monde meilleur, elles doivent être juridiquement protégées contre le court-termisme des actionnaires, plaide Blanche Segrestin, professeure de gestion, dans un entretien au « Monde ».
La loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) est actuellement en seconde lecture à l’Assemblée nationale, après son vote au Sénat. Elle prévoit, entre autres, une transformation de la définition juridique de la « société ». Professeure de gestion à Mines ParisTech, Blanche Segrestin explique les implications de cette réforme pour les entreprises. Elle codirige, avec Armand Hatchuel, la chaire « Théorie de l’entreprise. Modèles de gouvernance et création collective » et a publié avec Kevin Levillain La Mission de l’entreprise responsable. Principes et normes de gestion (Presses des Mines, 2018). »

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Tempête sur les représentations du travail

LCI – 06 février 2019 – Sibylle LAURENT

« Des cols blancs, qui ont fait de hautes études, se mettent à rêver de technique » : vit-on la revanche des cols bleus ?

ENTRETIEN – Et si les cols blancs vivaient une véritable crise de sens ? Et si, dans le fond, l’avenir était plutôt du côté des cols bleus, des ouvriers ? Mais comment expliquer alors que le travail manuel souffre d’une si mauvaise image ? Avec son livre « Tempête sur les représentations du travail », Laurence Decréau s’est penchée sur l’opposition entre manuels et intellectuels.
D’un côté les « cols blancs », de l’autre, les « cols bleus ». Les intellos Vs les manuels, les cadres Vs les ouvriers. Ce clivage traverse la société française depuis des décennies. Et ce n’est pas sans conséquences. Ce n’est pas pour rien si aujourd’hui, malgré les trois millions de chômeurs, 120.0000 postes sont à pourvoir dans l’industrie. Pourquoi ? Parce que l’usine n’attire pas. Que les jeunes sont prêts à accumuler les boulots les plus précaires, plutôt que d’être ouvriers.

Dans Tempête sur les représentations du travail, Laurence Decréau, agrégée de lettres classiques, explore la construction de ces représentations. Et pour elle, pas de doute, ces représentations –celle de l’ouvrier en bleu de travail, symbole de cambouis et celle du col blanc synonyme d’ascension sociale- sont en décalage total avec la réalité.

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La mission de l’entreprise responsable

Alternatives économiques – 05/02/2019

Une riche synthèse d’une décennie de recherche au Collège des Bernardins sur le futur de l’entreprise. Les chercheurs réunis dans cet ouvrage analysent les évolutions de l’entreprise, de la modification de l’actionnariat à la gouvernance, en passant par la responsabilité sociale et environnementale (RSE). Ils tentent d’y définir les normes de gestion, c’est-à-dire les principes selon lesquels doit être menée et évaluée la gestion d’une entreprise. En incluant, au côté de la seule profitabilité, les divers champs qui entrent dans le cadre de la responsabilité de l’entreprise, du social à l’environnement. Cette lecture, très universitaire, apporte un cadre théorique solide. Mais également des réponses et des solutions, puisqu’y est longuement traitée l’émergence des entreprises à mission, sociétés qui ont inscrit dans leurs statuts un objectif spécifique d’intérêt général à atteindre. Une contribution intellectuelle utile alors qu’une loi sur la transformation de l’entreprise (Pacte) doit être votée sous peu au Parlement.

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La mission de l’entreprise responsable

RSE entreprise – 30/01/2019 – par Baudouin

« La mission de l’entreprise responsable » est un ouvrage paru aux Presses des Mines sous la direction de Blanche Segrestin et Kevin Levillain. Dans cet ouvrage, les deux chercheurs de Mines ParisTech et du Collège des Bernardins s’interrogent sur la responsabilité des entreprises. Et si le temps était venu d’un nouveau pacte entrepreneurial ?

« Qu’est-ce qu’une entreprise responsable au XXIe siècle ? Peut-on mettre en cause les entreprises quand leur stratégie conduit à des déséquilibres sociaux ou environnementaux ? Et comment repenser leurs obligations quand le changement climatique devrait notamment conduire à ce qu’elles renouvellent en profondeur leur mode de production et leur fonctionnement ? »

Voici les premières phrases de ce livre passionnant. Le constat des chercheurs est le suivant : la puissance créatrice de l’entreprise transforme le monde qui l’accueille. Or, si cette puissance est indispensable pour répondre aux enjeux du monde, elle peut aussi le mettre en danger. Il est temps, plaident les auteurs de ce livre, de dépasser la manière classique d’envisager les choses : d’un côté, les initiatives volontaires de RSE ; de l’autre les obligations fixées par l’Etat. Car l’Etat ne peut forcer davantage les entreprises sans entraver leur liberté et les contraindre, et dans le même temps, les initiatives de RSE sont insuffisantes pour répondre aux défis qui nous attendent.

Mettre en place des normes de gestion ?

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Tempête sur les représentations du travail

France Culture – 26/01/2019

3 millions de chômeurs – et les jeunes en première ligne. 120 000 postes non pourvus dans l’industrie faute de candidats qualifiés. Des filières industrielles boudées au lycée professionnel, au profit d’un secteur tertiaire offrant moins d’opportunités et des salaires moins élevés. Des universités encombrées d’étudiants, que certains quitteront sans métier voire sans diplôme, pour aboutir, frustrés, dans le nouveau prolétariat des services. Les jeunes générations semblent prêtes à tout – chômage, CDD au rabais… – plutôt que de travailler à l’usine. « Ouvrier, moi ? Jamais ! »

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La Mission de l’entreprise responsable

Refonder la responsabilité de l’entreprise

Le MondePar Margherita Nasi – le 16/01/2019

 

« Blanche Segrestin et Kevin Levillain proposent une nouvelle approche de la mission des entreprises et de nouveaux schémas de responsabilité de leurs dirigeants. Ils expliquent que la notion de norme de gestion, loin de s’opposer à la liberté d’entreprendre, est au fondement de la légitimité de l’entreprise.

Livre. En janvier 2018, le groupe britannique de BTP Carillion subit une brusque liquidation. Une chute éclair pour un groupe de 43 000 personnes qui laisse, outre de nombreux sans-emploi, une dette pour les caisses de retraite de 2,6 milliards de livres qui obligera à réduire les pensions de quelque 27 000 membres, et paralyse de nombreux secteurs. Ce cas illustre les extrêmes dérives d’une gestion actionnariale : la comptabilité était présentée de manière à camoufler la situation et, quelques mois seulement avant, les comptes de la compagnie permettaient un dividende exceptionnel en 2017 de 79 millions de livres.

Peut-on mettre en cause la gestion actionnariale au motif que le versement de dividendes élevés et systématiques était insoutenable pour le groupe ? Au Royaume-Uni, c’est désormais possible en s’appuyant sur le Company Act de 2006, une loi qui a étendu les obligations des dirigeants, désormais supposés gérer l’entreprise de manière à promouvoir l’intérêt de la société, en tenant compte des conséquences à long terme de leurs décisions et pour les différentes parties prenantes.

 

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